Le jour se lève...

13 août 2009

Des choses qui arrivent

Ca a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Non, plutôt d'un tremblement de terre. Le monde, devant moi, s'est fissuré ; et, quand je dis "le monde", je parle de mon avenir. Ce n'est pas tant qu'il s'est assombri. Pas vraiment. En fait, je suis face à un imprévu complètement dingue. Une chose que je n'aurais jamais cru possible est en train de se tramer sans que je ne l'ai initié.
Pour le moment, ce ne sont que des bruits de couloirs... ce ne sont que des paroles... mais... si ça devait se poser réellement, concrètement, là, sur le papier, je ne sais pas ce que je ferais.
On m'aurait dit ça il y a une quinzaine de jours, j'aurais ri et rappelé que mon projet ne ressemblait à rien de tout ça.
Aujourd'hui, pourtant, j'en viens à me poser des questions... et à avoir peur. On se monte des désirs, des rêves, des futurs. On se projette, se dessine, s'imagine. Dans un, cinq ou dix ans. Et on oublie parfois demain. On oublie parfois les opportunités de la vie. Celles qui arrivent comme ça. Celles qui font vaciller la tour de notre vie planifiée. Celles qui sont peut-être des coups de chance. Ou des coups de fortune.

Bon, remettons les choses en place. Pour le moment la question ne se pose pas. Rien n'a été dit. Rien ou alors si peu. Pourtant tout me trotte en tête et tandis que je devrais dire non-non-non, je me surprends à me dire : "on verra".

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02 août 2009

ZERO

Te voilà qui pleure au téléphone. Et moi, désemparée, je ne pense qu'à une chose : "je ne peux pas tous les sauver". Oh, mon dieu, qui suis-je? Qui suis-je pour que tu me poses toutes ces questions? Qui suis-je pour te dire de te calmer, de croire en l'avenir, d'aller voir un médecin?

Te voilà qui pleure, pleure, pleure... Parfois, je ne comprends même pas tes mots étouffés, déchirés, écartelés par tes sanglots et pourtant je te réponds. Lentement, je te parle et quand je hausse la voix, tu m'écoutes comme si ton monde en dépendait.

Te voilà qui te tait. Et moi, je sais précisément à quoi tu penses. Précisément. Pourquoi sais-je cela ? Parce que j'y avais pensé jadis... J'y avais pensé quand c'était moi qui allais si mal que pleurer n'était rien comparé à simplement vivre. Ton silence brise mon coeur, mon crâne et tout ce qui était docilement caché en moi depuis des années. Ton silence fait frémir de joie malsaine mes vieux démons. Pitié, faites qu'ils se taisent! Faites qu'ils se taisent!

Te voilà qui te tait, tait, tait. Parfois, je devine ta main voulant raccrocher le combiné et enclencher la pédale vers un voyage sans fin. "Je ne sais pas où je vais." Moi non plus, je ne sais pas. Mais, s'il te plait, n'y va pas. Ne va pas là où tes ténèbres te poussent. C'est un endroit d'où on ne revient pas. Comment feras-tu les enfants dont tu rêves? Quand reverras-tu cet homme que tu aimes tant? Combien de fois pourrons-nous rire encore? Comment, quand, combien… si tu t'en vas… si tu te tues... si...

Te voilà qui m'écoute. Je pourrais pleurer à mon tour, je pourrais me taire aussi. Ce serait plus facile. Mais je ne suis pas lâche, pas face à toi, pas face à cet être au fond de ta tête que tu n'aimes plus... Je pourrais te hurler dessus… mais je me retiens. Je préfère t'expliquer, avec des métaphores souvent écorchées de ronces… Je te bouscule un peu, juste assez pour que ça te frappe l'esprit, enfin je l'espère.

Te voilà qui m'écoute, pleurant en silence. Promet-moi de me donner des nouvelles tout à l'heure et s'il te plait... ne meurs pas! Ne meurs pas. Je pourrais le crier à plein poumon, faisant crisser les haut-parleurs de nos téléphones et érailler ma voix. Ne meurs pas, s'il te plait. Ne meurs pas, par pitié. Ne meurs pas!
Mais je ne dis rien. Je te distrais simplement. Dès que tu proposes de raccrocher, dès que je sens que le lien qui nous unit vibre si fort qu'il pourrait se rompre d'une seconde à l'autre.

J'ai peur. En ce moment. Très peur. Tu as raccroché. Il fait encore jour. Tu m'as dit au revoir. Je t'ai dit : "Prends soin de toi" et le souffle a failli me manquer. J'ai peur, si vous saviez...

Chère, très chère amie, j'attends de tes nouvelles ce soir. Tu as promis, oui, tu as promis… alors, voilà, j'attends de tes nouvelles.

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28 juillet 2009

Fin de cycle

Petite fille, je te connais bien. Tu as des rêves, des rêves plein la tête. Cependant, au carrefour de ta vie tu ne sais pas lequel choisir, lequel chérir. Tu voudrais tout, ça et puis le reste. Tu voudrais bien faire, au mieux. Sans sacrifice, sans peine.

Petite fille, je te connais bien. Tu vas aller dans ce master, travailler à côté parce que tu ne pourras pas faire autrement et puis tu réussiras encore, réussira toujours. Tu te diras que tu as de la chance d'aimer ton domaine d'études, tu te diras surtout combien ta chance réside essentiellement dans ta capacité à savoir t'y mettre avant qu'il ne soit vraiment trop tard.

Petite fille, je te connais bien. Tu n'aimes pas le monde dans lequel ton emploi à temps partiel t'embarque. Tu n'aimes pas ces personnalités issues du marketing et des médias. Tu n'aimes pas mais tu fermes les yeux quand ça devient trop dur. Il faut bien payer le loyer ; et le reste. Il faut bien se préparer à la réalité.

Petite fille, je te connais bien. Tu préfèrerais ne jamais quitter l'école, passant ta vie à découvrir combien il y a de choses que tu ignores encore. Vraiment, tu préfèrerais ça au reste... Mais es-tu prête à briser tes autres rêves et l'ambition qui te caractérisait autrefois. Es-tu prête à oublier, à te redéfinir ? Es-tu simplement prête à choisir ?

Petite fille, je te connais bien. Alors, quelque soit le chemin, je serais avec toi.

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16 juillet 2009

#2 Le marchand de silence

Entre les portes, une silhouette fine s'engouffre puis s’assied sur un strapontin. Il s'agit d'un homme de type asiatique. Petit, mince, âgé, il porte une redingote bordeaux aux manches râpées et aux boutons rutilants. Son visage est marqué comme la souche d'un arbre abattu, ses mains sont habillées de bagues en or épais et, autour de ses poignets, des bracelets patinés par le temps ceinturent son ossature fragile.

Ce pourrait être des breloques. Mais ce n'en est pas. Tout est authentique.

Je l'observe du coin de l'œil et j'ai l'impression de commettre un sacrilège tandis que je détaille son chapeau sans forme, ses lunettes rondes et ses cheveux gris tressés à sa barbe fine. Le bruit des autres, désormais, ne m’atteint plus. La fillette qui baratine sa mère, le mobile qui crache une musique insoutenable, l’alarme qui siffle à chaque station sont amortis par le silence qu’inspire ce vieux marchand chinois.  

 

Il est le fruit d’une époque qui n’est pas la nôtre, le figurant d'un film qui ne sera jamais sur nos écrans, le passeur qui nous emporte vers des contrées inconnues aux parfums d'orient.


Soudain, la rame redevient assourdissante et le bruit des rails grinçant sous le poids de nos corps trop lourds me ramène à la réalité. L'homme s'est levé, rompant le charme... Je me sens perdue quelques secondes et puis, souriant, je chuchote : merci, pour le voyage.


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07 juin 2009

#1 : La fille aux seins plats

Elle te sourit, tu lui réponds. Il reste des places assises dans la rame mais toi, par cette chaleur, tu n'as pas envie de t'assoir. Tu es juste là, observant comment elle niche ses cheveux crépus dans ton cou et comment elle tend ses lèvres pour que tu les embrasses. Elle est belle, terriblement belle. C'est ce que tu penses et tu aimerais bien le lui chuchoter à l'oreille. Mais tu n'oses pas. Trop d'autres personnes pourraient t'entendre et sourire à leur tour.
Elle, elle s'en fiche. Elle butine ton cou, collant sa poitrine contre ton tee-shirt. Il fait trop chaud, bien trop chaud dans ce métro. Mais peu importe, tu sens contre toi le galbe timide de ses seins. Ils sont petits, presque plats. Ils sont tels que tu les aimes car ce sont les siens, à elle.
Tu jettes un regard autour de toi et tu ignores les usagers anonymes pour mettre enfin ta main autour de sa taille. Elle ferme les yeux, te susurre une promesse à l'oreille et tu grattes nerveusement ta nuque rasée. Elle sourit plus franchement et finalement se détache.
"J'ai bien trop chaud" te dit-elle et elle vérifie machinalement le nombre de stations qu'il vous reste.
Vous descendez à la prochaine. Les portes s'ouvrent. Toi, tu pars devant, comme si de rien n'était mais tu as juste hâte de rentrer à la maison. Elle, elle te suit d'un pas léger, souriant toujours, souriant encore.
C'est une gagnante. 

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29 mai 2009

Lever de soleil

J'ai tardé, souvent hésité. Voilà près d'un an que je mûris ce déménagement.
Mais il a fallu que je m'y fasse. A cette nouvelle ville, à cette nouvelle vie. Je quitte mon ancien chez-moi pour être un peu mieux moi. Voilà, fin de cycle, début d'un autre.

Bienvenue à ceux qui me suivent. Regardez, là, par delà l'horizon... Regardez, le jour se lève...

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